Giedre Lideikyte-Huber a reçu sa bourse de la Fondation Zdenek et Michaela Bakala (FZMB) en 2014. Grâce à cette bourse, Giedre a poursuivi ses recherches en droit fiscal dans deux des plus prestigieuses écoles de droit du monde – la Harvard Law School et Berkeley law. Elle est désormais chercheuse associée à l’Université de Genève. Elle est également présidente de l’association des anciens étudiants de la FZMB et elle a fait partie du comité de sélection qui a fait passer les entretiens aux candidats de cette année.

Pourriez-vous décrire votre travail à l’Université de Genève ?

Actuellement chercheuse associée à la faculté de droit , je vais prendre un poste de maître de conférences à partir du 1er juillet 2020. La majeure partie de mon temps est consacrée à la recherche fondamentale et appliquée, aux conférences et à l’enseignement.

Quels sont vos objectifs professionnels ?

Ayant travaillé à la fois dans le privé et dans le public (banque privée, service de contentieux fiscal du Canton de Genève), j’ai décidé de poursuivre ma carrière universitaire. C’est un domaine dans lequel je me plais à revenir et qui me passionne vraiment. J’aime travailler avec les étudiants et voir comment ils évoluent. Je réfléchis constamment à la manière de les encourager dans leur apprentissage. J’aime aussi la recherche à proprement parler, car elle m’oblige à me remettre continuellement en question.

Qu’est-ce qui vous attire autant dans le droit fiscal ?

J’aime beaucoup le fait que le droit fiscal soit lié à diverses autres disciplines scientifiques. Personnellement, je trouve que c’est un domaine quasi interdisciplinaire, car pour répondre à des questions telles que « pourquoi les contribuables sont-ils taxés comme ils le sont », il faut sortir de la zone de confort de l’avocat (à savoir, l’étude des lois et de la jurisprudence) et explorer d’autres domaines, tels que la théorie politique, l’économie et la philosophie.

Comment la bourse que vous avez reçue de la FZMB a-t-elle changé votre vie ?

La bourse FZMB a été d’une très grande aide pour moi. J’ai été admise comme chercheuse invitée dans les universités de Harvard et de Berkeley aux États-Unis. Mes moyens financiers étaient limités. Mon mari a quitté son travail et m’a accompagnée, avec nos deux bébés, âgés de 1 et 3 ans. Nous ne touchions aucun salaire pendant mon séjour universitaire aux États-Unis, et la bourse de la FZMB a donc été une source de revenus vitale pour nous.

Outre l’aspect financier, j’ai été ravi de rejoindre la communauté des anciens de la FZMB. Chacun d’eux a un profil différent et intéressant, mais ils ont tous un point commun : ils sont incroyablement motivés et désireux d’avoir un impact positif sur notre société.

En quoi le fait d’avoir étudié dans deux prestigieuses universités américaines a-t-il eu un impact sur votre carrière ?

Mon séjour à Harvard et Berkeley a bouleversé ma vision des études en droit fiscal, ce qui a provoqué une réaction en chaîne sur l’ensemble de mon travail. J’ai considérablement modifié l’angle d’investigation de mes études. J’ai commencé à me pencher sur des sujets de recherche que je n’avais jamais examinés auparavant. De manière générale, je dirais que cela a m’a ouvert les yeux quant aux possibilités d’étudier d’autres sujets ; ce qui a eu un impact considérable sur mes recherches.

Quelle expérience s’est révélée être la plus intéressante lors de vos études / recherches dans les deux universités américaines ?

Je dirais que ce sont les cours que j’ai suivis et les professeurs que j’ai rencontrés. Mais sur un plan plus personnel, je me suis fait de nouveaux amis et j’ai rencontré des gens extraordinaires, avec lesquels je suis toujours en contact.

Vous avez étudié à la fois dans des universités européennes et américaines – quelle est, à votre avis, la principale différence entre les deux systèmes ?

Il existe de nombreuses différences, mais une différence importante à mes yeux, car elle génère d’autres disparités est le fait que les universités publiques européennes (à l’exception des universités britanniques) sont presque entièrement gratuites et donc nettement plus accessibles.

Quel serait votre meilleur conseil pour les nouveaux boursiers de la FZMB ?

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à vous adresser à vos pairs, à vos professeurs ou à nous (les anciens de la FZMB). Profitez bien, et restons en contact !